La filosofia dell'Arte in Italia - Accademia di Flora

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La filosofia dell'Arte in Italia

Arte

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De
Philosophie de l'art en Italie - H. Taine - Paris 1866
Leçons professées à l’école des beaux-arts (pag. 15)

L'imagination de l'Italien est classique, c’est-à-dire latine, analogue à celle des anciens Grecs et des anciens Romains; on en a pour preuve non seulement les œuvres de sa renaissance, sculptures, édifices et pentures, mais encore son architecture du moyen age et sa musique moderne.
Au moyen age l'architecture gothique qui se répandait dans toute l'Europe n'a pénétré  en Italie que tardivement, par des imitations incomplètes; si l'on y rencontre des églises tout à fait gothiques, l'une à Milan, l'autre au couvent d'Assise, elles sont l’ouvre d'architectes étrangers; même sous les envahisseurs germains, au plus fort de l'exaltation chrétienne, les Italiens ont bâti dans le style ancien; quand ils l'ont renouvelé, ils ont gardé le goût des formes solides, des murs pleins, de l'ornementation modérée, de la lumière naturelle et claire, et leurs édifices par leur air de force, de joie, de sérénité, d'élégance aisée, font contraste avec la complication grandiose, l'orfèvrerie hérissée, la sublimité douloureuse, le jour sombre ou transfiguré des cathédrales d’outre-mont.

Pareillement et de nos jours, leur musique chantante, nettement rythmée, agréable jusque dans l'expression des sentiments tragiques, oppose ses symétries, ses rondeurs, ses cadences, son génie théâtral, disert, brillant, limpide et borné, à la musique instrumentale allemande, si grandiose, si libre, parfois si vague, si propre à exprimer les rêves les plus délicats, les émotions les plus intimes, et ce je ne sais quoi de l’âme sérieuse qui, dans ses divinations et ses agitations solitaires, entrevoit. l'infini et l'au delà, Si nous considérions la manière dont les italiens et en général des peuples latins entendent l'amour, la morale, la religion, si nous observions leur littérature, leurs mœurs, et leur façon de comprendre la vie, nous y verrions par cent traits profonds éclater un genre d'imagination semblable.

Son trait distinctif est le talent et le goût de l'ordonnance, partant de la régularité, de la forme harmonieuse et correcte; elle est moins flexible et pénétrante que l'imagination germanique ; elle s'attache moins au fond que au dehors ; elle préfère la décoration extérieure à la vérité intime; elle est plus idolâtrique et moins religieuse, plus pittoresque et moins philosophique, plus limitée et plus belle. Elle comprend mieux l'homme que la nature; elle comprend mieux l'homme en société que l'homme barbare. Elle a de la peine à se plier, jusqu'à imiter et représenter, comme 1'autre, la sauvagerie, la rusticité, la bizarrerie, l'accident, le désordre, l'éruption des puissances spontanées, les particularités innombrables et incommunicables de l'individu, les créatures inférieures ou sans formes, la vie sourde et indéfinie répandue à tous les ordres de l’être; elle n'est pas un miroir universel; ses sympathies sont restreintes.
Mais dans son royaume qui est celui de la forme, elle est souveraine ; auprès d'elle l'esprit des autres races est grossier et brutal; seule elle a découvert et manifesté l'ordre naturel des idées et des images. Des deux grandes races ou elle s'est le plus complètement exprimée, l'une, la française, plus septentrionale, plus prosaïque et plus sociable, a eu pour œuvre propre l'ordonnance des idées pures, c'est-à-dire la méthode du raisonnement, et l'art de la conversation ; l'autre, l'italienne, plus méridionale, plus artiste et p1us capable d'images, a eu pour œuvre propre l'ordonnance des formes sensibles, je veux dire la musique et les arts du dessin. C'est ce talent natif, visible dès son origine, permanent dans toute son histoire, imprimé dans toutes les portions de sa pensée et de son action, qui, rencontrant à la fin du xve siècle des circonstances favorables produisit une moisson de chefs-d'œuvre. En effet, l’Italie eut alors, ensemble ou presque à la fois, non-seulement cinq ou six grands peintres d'un génie extraordinaire, et supérieurs à tous ceux que depuis on a vus, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Giorgione, Titien, Véronese, le Correge; mais encore un peuple de peintres éminents et accomplis, André del Sarto, Fra Bartholomeo, le Pontorno, Albertinelli, le Rosso, .Jules Romain, Polydore de Caravage, le Primatice, Sébastien del Piombo, Palma le vieux, Bonifazio, Paris Bordone, Tintoret, Luini, cent autres moins connus, élevés dans le même goût, possesseurs du même style, et qui font une armée dont ceux-ci ne sont que les capitaines; en outre, un nombre presque égal de sculpteurs et d'architectes supérieurs, quelques-uns un peu antérieurs, la plupart contemporains, Ghiberti, Donatello, Jacopo della Quercia, Baccio Bandinelli, Bambaja, Luca della Robbia, Benvenuto Cellini, Brunelleschi, Bramante, Antonio de San Gallo, Palladio, Sansovino; et enfin, autour de ces familles d'artistes si variées et si fécondes, une multitude de connaisseurs, de protecteurs, d'acheteurs, un vaste public qui faisait cortège, non seulement des gentilshommes et des lettrés, mais des bourgeois, des artisans, de simples moines, des gens du peuple; si bien que le grand goût à cette époque fut naturel, spontané, universel, et que la cité contribuait tout entière par sa sympathie et son intelligence aux œuvres que les maîtres signaient de leur nom.
On ne peut donc considérer l'art de la Renaissance comme l'effet de un hasard heureux; il ne s'agit point ici d' un coup de dé amenant sur la scène du monde quelques têtes mieux douées, un lot extraordinaire de génies pittoresques ; on ne peut nier que la cause de cette belle floraison soit une disposition générale des esprits, une surprenante aptitude répandue dans toutes les couches de la nation. Cette aptitude a été momentanée, et l'art a été momentané. Elle a commencé, puis elle a fini à des époques fixes; l'art a commencé, puis a fini aux mêmes époques fixes. Elle s'est développée, dans un certain sens; l'art s'est développé dans le même sens. Elle est comme le corps dont il est l'ombre; il suit sa naissance, sa croissance, sa décadence et sa direction; Elle l’amène et l’entraîné avec elle, et le fait varier d’après ses variations; il dépend d'elle dans toutes ses parties et dans tout son cours. Elle est sa condition suffisante et nécessaire; et partant c'est elle qu'il faut étudier en détail pour le comprendre et l'expliquer.
Da:
Filosofia dell'Arte in Italia – H Taine – Parigi 1866
Lezioni tenute alla Scuola di Belle Arti. (pag 15)

L'immaginazione dell'italiano è classica, vale a dire latina, analoga a quella degli antichi Greci e degli antichi Romani; la prova non è solo nelle opere del suo rinascimento, sculture, edifici e pitture, ma anche nella sua architettura del Medioevo e nella sua musica moderna.
Nel Medioevo l'architettura gotica, che si diffuse in tutta l'Europa, non entrò in Italia che tardivamente, attraverso incomplete imitazioni; le chiese completamente gotiche, una a Milano, l'altra al Convento di Assisi, sono opera di architetti stranieri; anche sotto gli invasori tedeschi, al culmine dell'esaltazione cristiana, gli italiani costruirono nel vecchio stile; quando lo rinnovarono, mantennero il gusto delle forme solide, dei muri pieni, dell'ornamento moderato, della luce naturale e chiara e i loro edifici con la loro aria di forza, gioia, serenità, semplice eleganza, contrastano con la grandiosa complicazione, l'irta oreficeria, la sublimità dolorosa, l'atmosfera oscura o trasfigurata delle cattedrali d'oltre Alpe.

Analogamente ed attualmente, la loro musica armoniosa, chiaramente ritmata, piacevole persino nell'espressione dei sentimenti tragici, oppone le sue simmetrie, la sua rotondità, le sue cadenze, il suo genio teatrale, discreto, brillante, limpido e misurato alla musica strumentale tedesca, così grandiosa, così libera, a volte così vaga, così adatta ad esprimere i sogni più delicati, le emozioni più intime e quel non so che dell'anima seria che, nelle sue divinazioni e nei suoi tumulti solitari, intravede l'infinito e l'oltre di questo. Se consideriamo il modo in cui gli italiani e in generale i popoli latini comprendono l'amore, la morale, la religione, se osservassimo la loro letteratura, i loro costumi e il loro modo di intendere la vita, vedremmo da numerosissimi profondi segni lo scoppio di un tipo di immaginazione similare.

La sua caratteristica distintiva è il talento e il gusto per l'ordine, originato dalla regolarità, dalla forma armoniosa e corretta; essa è meno flessibile e penetrante della immaginazione germanica; si attacca meno al fondo che all'esterno; preferisce la decorazione esteriore alla verità intima; è più idolatrica e meno religiosa, più pittoresca e meno filosofica, più limitata e più bella. Capisce l'uomo meglio della natura; capisce l'uomo nella società meglio dell'uomo barbaro. Trova difficoltà a piegarsi finché non imita e rappresenta, come l'altra, la ferocia, la rusticità, la stranezza, l'incidente, il disordine, l'eruzione dei poteri spontanei, le innumerevoli e incomunicabili peculiarità di individuali, le creature inferiori o senza forma, la vita sorda e indefinita diffusa a tutti gli ordini dell'essere; essa non è uno specchio universale; le sue simpatie sono limitate.

Ma nel suo regno che è quello della forma, è sovrana; per essa lo spirito delle altre razze è grossolano e brutale; solo lei ha scoperto e manifestato l'ordine naturale delle idee e immagini. Delle due grandi razze in cui si esprimeva in modo più completo, una, quella francese, più settentrionale, più prosaica e più socievole, aveva per suo scopo l'ordine delle idee pure, vale a dire metodo di ragionamento e arte della conversazione; l'altro, l'italiano, più meridionale, più artista e più capace di immagini, aveva per proprio scopo la disposizione delle forme sensibili, intendo dire la musica e l'arte del disegno. È questo il talento nativo, visibile dalla sua origine, permanente per tutta la sua storia, impresso in tutte le parti del suo pensiero e della sua azione, che, incontrando alla fine del XV secolo, circostanze favorevoli, produsse una messe di capolavori. In effetti, allora l'Italia ebbe, insieme o quasi contemporaneamente, non solo cinque o sei grandi pittori di straordinario genio, e superiori a tutti quelli visti sino ad allora, Leonardo da Vinci, Michelangelo, Raffaello , Giorgione, Tiziano, Veronese, il Correggio; ma ancora un popolo di eminenti e abili pittori, Andrea del Sarto, Fra Bartolomeo, Pontorno, Albertinelli, il Rosso, Giulio Romano, Polidoro di Caravaggio, Primatice, Sebastiano del Piombo, Palma il vecchio, Bonifazio, Paris Bordone, Tintoretto, Luini, ed altri cento meno conosciuti, cresciuti nello stesso gusto, possessori dello stesso stile e che formano un esercito di cui questi sono solo i capitani; inoltre, un numero quasi uguale di scultori ed eccelsi architetti, alcuni un po' precedenti, ma per lo più contemporanei, Ghiberti, Donatello, Jacopo della Quercia, Baccio Bandinelli, Bambaja, Luca della Robbia, Benvenuto Cellini, Brunelleschi, Bramante, Antonio di San Gallo, Palladio, Sansovino; e infine, attorno a queste famiglie così varie e così fertili di artisti, una moltitudine di intenditori, protettori, acquirenti, un corteo di un vasto pubblico, non solo di signori e studiosi, ma anche di borghesi, artigiani, monaci semplici, gente comune; a tal punto che il grande gusto in quel momento era naturale, spontaneo, universale e che la città contribuiva interamente con la sua simpatia e intelligenza alle opere che i maestri firmavano con i loro nomi.


Non possiamo quindi considerare l'arte del Rinascimento come il risultato di una felice coincidenza; non si tratta qui di un fortunato lancio ai dadi  che porta sulla scena del mondo alcune delle menti più dotate, uno straordinario gruppo di pittoreschi geni; non si può negare che la causa di questa bella fioritura sia una disposizione generale degli spiriti, un'attitudine sorprendente diffusa in tutti gli strati della nazione. Questa abilità fu momentanea e l'arte fu momentanea. Cominciò, poi finì ad epoche determinate; e l'arte è iniziata e poi si è conclusa negli stessi tempi fissi. Si è sviluppato, in un certo senso; l'arte si è sviluppata nella stessa direzione. È come il corpo di cui è l'ombra; segue la sua nascita, la sua crescita, il suo declino e la sua direzione; Lo porta e lo allena con esso, e lo varia in base alle sue variazioni; dipende da esso in tutte le sue parti e nel corso del suo corso. È la sua condizione sufficiente e necessaria; e quindi è necessario studiarlo in dettaglio per capirlo e spiegarlo.
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